In bed with Deputies : Reims

EPISODE 3. Un mois ! Un mois que vous patientiez en haletant derrière votre écran, guettant notre fanpage, le regard vif et la truffe fraîche. Mais tout vient à point à qui sait attendre, alors, rien que pour vos yeux, voici le retour en images sur le dernier concert du Honeymoon TourOù les Deputies retournent en terrain familier, se frottent à des teufeurs sous influence et participent à un blind test d’un genre nouveau.

13 septembre : Reims – L’Ernest Hemingway

Une fois de plus, c’est par l’automobile, la plus belle conquête de l’homme, mais aussi la plus fourbe, que tout commence. Ayant délaissé la DEPUTIES mobile démesurément bière pour un bon monospace des familles, nous nous retrouvons dans l’un des lieux que nous connaissons désormais le plus au monde : le parking Vinci (chut chut, pas de marque) de la Gare du Nord. Il y a toujours un problème dans les voitures de location. Dans la cas présent, il y en avait même deux : un habitacle pourri par une semaine de vacances de la famille Groseille, et un frein à main cassé par M. Bourrin. C’est sans compter sur la diligence des employés du lieu, qui nous délivrent d’une main leste et sûre. Ils n’ont en revanche rien pu faire concernant les tâches de Choco BN (chut chut, pas de marque) partout. C’est donc parti pour la valse des chargement successifs : amplis, instruments et accessoires divers. Comme sur des roulettes, on connaît la chanson. Ah merde, tiens, on a oublié un pied de micro chez Baptiste. On y retourne. Ah merde, tiens, il y a deux flics qui bloquent l’accès. Ah merde, tiens, aujourd’hui c’est la techno parade. Nous voici donc dans Paris, en voiture, au milieu de dizaine de milliers de gens, hum, spéciaux, et, hum, éméchés, à la recherche d’un pied de micro et d’une place pour se garer. On vous fait pas de dessin, ça risque d’être censuré dans le clip.

bannierereims

2h plus tard, nous sommes fermement sanglés dans notre carrosse, direction Reims ! Nous y attendent de vieux amis: l’association Mind the Rock et le bar Ernest Hemingway, où par deux fois nous mîmes le feu à la ville des bulles et des rois de France. La bande son est solide et la motivation d’acier, Clovis et la veuve Cliquot en seront pour leurs frais. Mais avant de fouler le sol rémois, les DEPUTIES ont une mission sacrée à accomplir. Figurez-vous qu’à seulement 30kms d’autoroute au-delà de Reims se tient fièrement l’aire des Petites Loges. Et que sur l’aire des Petites Loges se tient lui-même fièrement le premier Burger King de France. Pèlerinage obligatoire. C’est donc avec un sérieux Whopper dans le ventre (et pour certains quelques wings, qui étaient de trop, c’est clair) que nous déboulons place Drouet d’Erlon, où brillent dans la nuit les lettres de néon rouge de l’Ernest, phare de bien des Rémois dans la nuit interlope. Raph, l’ingé son maison, est déjà à pied d’œuvre. Ça déroule du câble sévère. Les balances se passent dans une ambiance studieuse mais détendue, sous l’œil attentif de Benj, le maître des lieux, mais pas des clients, que notre musique fait clairement fuir en cette heure précoce d’happy hour. Le Rémois est sensible, que voulez-vous. Après un bref saut à notre hôtel, et faute d’avoir faim (note pour plus tard, un Whopper = deux repas, voire plus), nous rejoignons les fans hardcore du groupe, venus de toute la France pour assister au dernier concert de ce Honeymoon Tour, et profitons nous-mêmes gentiment de l’Happy Hour.

L’heure du concert arrive tranquillement. Nous montons sur scène, et le public, moins chafouin qu’auparavant, s’approche. Dès la fin du premier morceau (Skip This) et les premières notes du deuxième (Rosa), un sentiment d’assurance et d’ivresse nous envahit. Les regards se croisent, nous le savons : l’affaire s’annonce bien. Rosa est sans accroc du début à la fin. Le set sera à l’unisson, conquérant un public de plus en plus large. Beaucoup moins farouche, le Rémois s’approche, danse, applaudit, crie, magnifiquement secondé par un groupe de Polonais venu pour les vendanges et qui ont sans doute allégrement tapé dans leur récolte. Il fait une chaleur jamais rencontrée dans ces coins reculés de France, l’Ernest se transforme en machine à vapeur, et le public en redemande. Notre reprise « d’ I bet you look good on the dancefloor » est jouée à toute blinde, Red Kiss et Hustler finissent le travail. Nous terminons en beauté par un rappel de Rosa. Nous sommes en sueur, le public est au tapis. Les regards se croisent de nouveau : nous avons fait le job, et nous l’avons bien fait. Le Honeymoon tour s’achève donc de la plus belle des manières. Musicalement quoi qu’il en soit.

Car de nouvelles péripéties nous attendent encore en terre champenoise. Après quelques rafraichissements bien mérités, nous désertons les lieux qui se transforment sournoisement en club hard-tech et ramenons le matos à l’hôtel, où le portier de nuit joue les barmen clandestins. Nous regagnons le centre à pied, en recherche active d’une échoppe où nous sustenter, le Whopper ayant enfin décidé de passer dans le sang. Notre dévolu se jette évidemment sur la suite nutritionnelle logique de notre repas de midi : un kebab. Muselées par notre estomac, nos artères n’ont pas leur mot à dire, et après deux tentatives dans des établissements de qualité, nous échouons dans la file d’attente du seul boui-boui encore ouvert. Graisse, sueur et harissa, âmes sensibles, s’abstenir. Direction la tanière de notre hôte Benjamin où, après un ravitaillement #complètementvodka, la soirée part en roue libre. 3 salles, 3 ambiances. Cuisine : cocktails musclés et discussions improbables sur la pâtisserie et les tatouages. Chambre n°1 : concours de reprises acoustiques à la papa. Chambre n°2 : obscurité, blind-test, amour et violence. Il va s’en dire que c’est ici que les vrais se retrouvent. Du moins jusqu’à ce que la conception du blind-test disons alternative du maître des lieux ne reprenne le dessus, oubliant rapidement la notion de jeu pour un moment d’intimité ou tout simplement pour mater de vieux clips de NTM à fond de cale. Impeccable.

Retour à l’hôtel, ronflements, douche, autoroute. Notre dimanche prend une tournure bien familière, celle du retour à Paris avec le sentiment du devoir rock’n roll accompli, le regret que tout soit passé si vite, et l’envie de recommencer. Avec cette fois-ci une sensation de nostalgie inhabituelle au moment de nous séparer. Le Honeymoon Tour s’achève, ainsi que les bons et loyaux services de votre serviteur, dont la basse ne résonnera plus au sein de DEPUTIES. Toutes les aventures ont une fin, y compris les plus belles et les plus folles. Pendant près de 5 ans, DEPUTIES fut mon quotidien, fait de fous rires, de galères, de répétitions, d’adrénaline, de ratés, de triomphes et de rock’n roll. Aujourd’hui, je quitte l’épopée DEPUTIES pour une autre, plus personnelle, et m’en retourne sur mes terres natales, des milliards d’images dans la tête, des acouphènes dans les oreilles et le rock’n roll plus que jamais gravé dans le cœur. Alors ne soyons pas tristes, ni vous, ni moi. Car je vous laisse entre les mains expertes de Baptiste, Thomas, et Sharif, qui sauront prendre soin de vous, et construire quelque chose qui leur ressemble, avec l’aide de Lionel, notre infatigable manager. En espérant que de temps à autres, mon bourdonnement de basse se rappellera à votre bon souvenir.

« This is Major Tom to ground control. I’m stepping through the door… »

Rivers Moreno

> Photo : Elo Submarine

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