In bed with Deputies : Honfleur, Badaboum, Troc’Music

EPISODE 1.  À mi-parcours de notre Honeymoon Tour, il était grand temps de vous faire partager quelques-unes de nos aventures et mésaventures sur la route.  Comme toujours, c’est notre bassiste Rivers Moreno qui s’y colle.

24 mai : Honfleur – Festival Music Non Stop

Honfleur - Deputies

À quoi reconnaît-on un vrai Normand ? Réponse : il n’est jamais vraiment chez lui. « C’est pas chez moi ici, mec ». C’est par ces mots, durs, de notre guitariste Her Man que s’ouvre notre épopée dans le Calvados. Après la traditionnelle série de rebondissements qui accompagne désormais systématiquement notre départ de la capitale (une crise de panique sur le backline, une carte bleu absente et une banquière peu coopérative, des doigts coincés dans une portière coulissante, une bataille avec l’autoradio Bluetooth), nous avons fermement pris pied à Honfleur, où nous attendent les bénévoles du festival Music Non Stop. D’emblée, Edwige nous scotche avec ses sandwichs maison, à base de jambon et de plein d’autres choses. Après quelques godets dans un sympathique rade du port, histoire de faire descendre tout ça, ainsi que pas mal d’inquiétude quant au temps (car en Normandie, il fait beau plusieurs fois par jour), les hostilités démarrent.

UNDOBAR ouvre l’après-midi avec son punk folk de la plus belle facture. Les nuages semblent définitivement avoir rendu les armes quand nous foulons la scène, et le concert se déroule sous les meilleures auspices, ponctué de rayons de soleil et des cris enjoués des quelques régionaux de l’étape, qui semblent clairement ne pas tourner au jus de pomme. Le public répond présent, et semble apprécier la nouvelle composition, accueillie dans la joie et la bonne humeur. À peine le temps pour quelques dédicaces, et PLASTIC RIOT clôture la journée, avec sa pop sauvage et sous tension.

Mission accomplie donc, et nous nous empressons d’assurer nos arrières, en commandant quelques pintes et en réservant dans un excellent restaurant de fruits de mer, dont les clients parlent encore très certainement de nous. Spéciale dédicace à Alda, la célèbre sœur de notre guitariste, qui fait tomber en moins de deux un plateau à deux étages. Respect. Si la pluie du matin n’arrête pas le pèlerin, la fraîcheur du soir n’arrête pas la rock star. La soirée se prolonge donc gaillardement sur le port, à grands coups de mojitos et d’énooormes whiskies. Elle se terminera comme le veut la coutume dans un superbe hôtel Première classe en bord de nationale, non sans avoir tenté une incartade tardive sur la jetée, où un vieux pêcheur anglais nous montre avec malice ses grosses anguilles (car oui, il en avait pêché plusieurs). Le sommeil est lourd, le réveil est difficile, mais le petit déjeuner est solide, et c’est tout revigorés que nous reprenons la route vers notre bon vieux périph’. Honfleur, check.

13 juin : Paris – Le Badaboum – Raise Your Scene

Badaboum - Deputies

Tour de chauffe avant un nouveau concert en Normandie : direction la Bastille pour aller enflammer la déjà célèbre scène du Badaboum (ex Scène Bastille) dans le cadre de la cinquième soirée Raise Your Scene. L’accueil de Sandra et des techniciens laisse présager du meilleur, à raison. Le Badaboum nous bluffera à plusieurs reprises : scène, matériel et son de grande qualité, vraie loge avec une vraie douche, « secret room » avec fauteuils vintage et vieilles bornes d’arcade, sandwichs maison au bœuf bourguignon, et last but not least : des tickets boissons all inclusive, oui madame. Les balances sont rapides et efficaces. Elles seront suivies d’un line check tardif pour notre pauvre Her Man, dont les obligations professionnelles l’ont contraint à rater l’ingénieur son et les frites de patate douce. Mais que voulez-vous, la Justice n’attend pas.

Un peu de monde, malgré une belle affiche de coupe du monde (Espagne-Pays bas, 1-5, faut-il le rappeler) et de championnat (SNCF-Intermittents, on ne connaît toujours pas le score). C’est DEPUTIES qui ouvre la soirée, et notre nouvelle setlist semble fonctionner. Plus costaud, plus énergique, plus fluide, notre set s’affute, et les cris des fans de toujours comme des nouveaux venus nous confirment dans nos choix. C’est au tour des Olympia Fields, dont les shorts sont bien plus courts que la distance parcourue pour venir jouer (Paris-Rennes dans la soirée, téméraire), puis d’Appletop de ravir les esthètes du Badaboum. La soirée, une fois n’est pas coutume, se termine sagement dans les loges en attendant minuit, où notre bracelet backstage se transforme en citrouille et nous oblige à quitter les lieux. Réveil matinal oblige, nous allons nous coucher.

14 juin : La Mesnière – Festival Troc’Music

Deputies - Troc Music

« C’est pas chez moi ici, mec ». On pouvait s’y attendre : l’Orne, ce n’est pas vraiment la Normandie non plus. Pourtant, nous sommes allés la revoir, mais il s’en fallu de peu. En effet, petite surprise matinale : notre Deputies mobile, réservée sur Internet, n’était pas disponible. C’est donc uniquement aux talents de négociateur de notre manager Lionel que nous devons notre salut, qui viendra sous la forme d’un Scénic Galaxy (RIB en pièce jointe pour le placement de produit). Pour 5 DEPUTIES, 2 amplis, 4 guitares, des éléments de batterie et quelques provisions, c’est juste. Passés maîtres dans l’art du Tetris, il nous en faut plus pour nous effrayer, et le coffre de notre carrosse se gonfle au fur et à mesure des arrêts dans Paris.

Avec tout ça, il est déjà 13h, et sur les routes perdues de la campagne normande, point de Vitamin Water ni de Choco Moo (décidément, on va s’en faire de la thune). Mais la France est un beau pays, dont les ressources et traditions sont inépuisables. Nous tombons nez à nez avec la grande fête organisée pour les 10 ans des « Jardins célestins », association de vente de produits de la ferme, qui nous convie à la fête. Nous nous gobergeons donc de bière artisanale, de charcuterie italienne et de chipolatas sensationnelles, avant de reprendre la route, non sans avoir offert un petit nécessaire du fan de DEPUTIES à nos hôtes. Côté météo, autant vous le dire tout de suite, c’est pas brillant. Les locaux annoncent même de fortes pluies pile pour la soirée. Notre foi en le rock’n roll redouble : il fera beau ce soir. Amen. Malgré un bénévole un peu paumé et un autre qui (je cite) « sent un peu la vodka » (dur dur d’être imbibé), nous trouvons finalement notre chemin et foulons les bucoliques pelouses de La Mesnière. Et là, mes amis, l’accueil est au top. Martine, Charlie, Thierry et Hugues n’auront de cesse de nous offrir leurs meilleures blagues, leurs meilleures frites et leur meilleur calva pour nous faire nous sentir comme chez nous. L’après-midi défile, et le soleil revient. En bonne compagnie, tout va toujours trop vite, et c’est à notre tour de balancer puis d’être sur scène. Les festivaliers sont tous là, le coucher de soleil et la vue sont sublimes, c’est le moment où jamais d’envoyer notre plus grand rock’n roll. Le set démarre sur les chapeaux de roues, et le public se rapproche progressivement, jusqu’à une grande et magnifique communion musicale sur « Louise Avenue ». La Mesnière, vous êtes beaux. Les nouveaux fans, conquis, se pressent pour récupérer notre EP et une petite dédicace. Record battu : notre plus jeune fan a 18 mois.

Le reste de la nuit sera magique, arrosé et un tantinet surréaliste, la vraie vie quoi. Le calva nous réchauffe, des pirates nous enflamment, et le set des PSYCHOTIC MONKS nous achève. Gros son, les gars. Nous terminons notre parcours chez notre hôte, Martine (trésorière de l’asso), avec un dernier verre pas forcément nécessaire mais bien mérité. Comme d’habitude, Lionel nous enterre tous, nous montons ronfler tranquilles. L’accueil du lendemain est tout aussi magistral : café, viennoiseries et camembert, bam ! Après une bonne douche et quelques accords gratouillés sur la belle terrasse, nous nous encastrons dans notre boite de conserve, et reprenons la route vers Paris. Une partie de notre cœur – et de notre espérance de vie – restera à jamais à La Mesnière. Merci les gars, longue vie à Troc’Music. To be continued.

Rivers Moreno

 

> Photo de Une : Reginald.tef

 

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